J’ai récemment réalisé ma première interview télévisée, exercice qui n’a pas forcément été facile comme vous le remarquerez 😅. Il faut être indulgent 😇
Cela étant, il me semble important d’apporter quelques corrections à mes propos, et de compléter certaines réponses.
3 petites corrections :
- Quand je parle de l’universalité de l’ordinateur, je veux dire par là que la conception physique de ces machines ne détermine pas leur finalité (c’est nettement plus compréhensible, non ?). Le fonctionnement de l’ordinateur est en réalité déterminé par les logiciels qu’on y exécute. Il suffit donc que le logiciel soit général pour que la machine devienne universelle. Les IA comme ChatGPT sont à usage général dès lors qu’elles sont capables de répondre à des questions ou d’effectuer des tâches pour lesquelles elles n’ont pas été explicitement programmées.
- Antiqua et nova n’est pas une « encyclique », mais une note doctrinale publiée en janvier 2025.
- Ernie est un modèle développé par Baidu. Le modèle de ByteDance s’appelle Dolaseed, et se place parmi les meilleurs modèles au monde. J’aurais pu évoquer le modèle Seedance (ByteDance) qui est peut-être le meilleur modèle pour la génération de vidéo. Si Bytedance est aussi bon dans ces IA, c’est bien parce qu’ils ont accumulé les données d’entraînement grâce à leurs utilisateurs.
Y a-t-il un scénario catastrophe de l’IA pour l’homme ?
J’ai ciblé ma réponse uniquement sur la fin de l’intimité dû à la logique transhumaniste. C’est effectivement, selon moi, le plus grand risque si on ne fait rien. Je l’ai déjà évoqué dans d’autres articles ici.
Cependant, je n’ai pas évoqué les autres risques (cela mériterait d’en faire une émission dédiée), que vous pourrez retrouver dans mon article L’IA, ses dangers, les solutions….
L’État a-t-il son mot à dire pour réguler certains usages ?
La réponse est bien oui. Mais pour le dire de façon plus générale, l’État doit agir non pas au niveau des individus – sur le comportement de la personne face à l’outil – mais à l’échelle de la société : quels sont les outils qu’on peut ou ne pas mettre sur le marché, et dans quelles conditions y donne-t-on accès ?
C’est une pratique courante depuis de nombreuses années dans le monde réel, que ce soit dans l’accès à des outils dangereux comme des armes à feu ou des outils industriels sensibles (laser, matériel biologique, etc). On peut donc tout à fait imaginer dans le monde virtuel des accès similaires où l’on doit présenter une licence pour utiliser certains logiciels ou sites.
Cette façon de voir les choses s’inscrit dans les origines d’Internet, qui était un outil militaire avant d’être un outil civil. Il est important de noter que le chiffrement était considéré, il y a moins de 70 ans, comme une arme de guerre.
Comment se réapproprier vertueusement l’usage des outils numériques ?
J’ai évoqué la nécessité de protéger sa vie privée, avec l’excellent site wikilibriste.fr, ainsi que la nécessité de ne pas se laisser piéger par les mécanismes d’addiction en prenant soin de rester raisonnable et libre vis-à-vis de ces outils.
Mais j’ai oublié un aspect très important : celui de réapprendre à suivre l’actualité. J’aurais dû insister dessus, car c’est un problème extrêmement important à notre époque où on se laisse submerger par les informations, et finalement, on perd le contrôle de nos usages numériques pour chercher à tout voir et de la façon la plus plaisante, c’est-à-dire, sur les réseaux sociaux. Se réapproprier les bons moyens de suivre l’actualité est peut-être la démarche la plus essentielle pour comprendre le monde et en être libre.